Il fait 40 degrés et tout le monde cherche un coupable. Et si le levier le plus puissant était déjà dans ta main, trois fois par jour ?
Manger végétal pour la planète, c’est le geste climatique le plus puissant que tu contrôles vraiment. Pas le gouvernement, pas le voisin, pas « quelqu’un ». Toi, avec ta fourchette, dès ce midi.
À chaque canicule, c’est le même film. On accuse les politiques, on accuse le climat, on écrit « il faut planter des arbres » sous un post, et on attend. Je comprends : c’est tellement plus confortable de pointer du doigt que de se regarder dans l’assiette. Moi aussi, j’ai longtemps fait comme ça. Mais je ne vais pas te mentir pour te garder abonné : le problème, c’est aussi nous. Et c’est la meilleure nouvelle de l’année.
Le post Instagram
Ce carrousel a été aimé par plus de 26 000 personnes sur Instagram. Voici la version complète, avec tout ce que je n’ai pas pu mettre en 10 slides.
Tu te reconnais ?
6 signes que tu attends que « quelqu’un » sauve la planète
- Tu tries tes déchets et coupes l’eau en te brossant les dents, mais ton frigo est plein de fromage, de beurre et de charcuterie.
- Ton poisson « santé » du soir te donne bonne conscience.
- Pendant la sécheresse, tu rationnes la douche, jamais le steak.
- Tu te sens impuissant face aux infos, alors tu scrolles pour ne plus y penser.
- En pleine canicule, tu bois des sodas, tu manges salé, cuit, transformé, et tu te sens vidé.
- Tu penses qu’une seule personne ne change rien.
Ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est un réflexe très humain : quand on se sent impuissant, on cherche un coupable à l’extérieur. Sauf que cette impuissance est une illusion.
Ce que j’ai compris en changeant d’assiette
Je suis passé à une alimentation végétale en 2018. Au début, je pensais le faire pour ma santé. Puis j’ai compris que chaque repas était aussi un vote : pour un champ de céréales qui nourrit des humains, ou pour un champ de céréales qui nourrit des animaux qu’on tue ensuite.
Je vis une bonne partie de l’année à Bali, sous la chaleur tropicale. Ma base, ce sont les fruits et les végétaux vivants. Et je le vois chaque jour : c’est l’assiette qui tient le mieux la chaleur, et celle qui demande le moins à la Terre. Mes grands-parents, au Portugal, mangeaient déjà presque végétal : pommes de terre, chou, légumineuses, olives, huile d’olive. Ce n’est pas une mode. C’est un retour au bon sens.

Le robinet le plus ouvert de ta maison n’est pas dans ta salle de bain. Il est dans ton frigo.
Le vrai diagnostic
L’impact de ton assiette sur le climat : les chiffres qu’on ne te montre pas
On parle sans arrêt des voitures, des avions, des pailles en plastique. Beaucoup moins de ce qu’on met dans nos assiettes. Pourtant, c’est là que se joue une énorme partie de l’équation.
- 🌾83 % des terres pour 18 % des caloriesL’élevage occupe 83 % des terres agricoles de la planète et ne fournit que 18 % des calories qu’on mange (Poore et Nemecek, Science, 2018). C’est la première cause de déforestation au monde. Autrement dit : on rase des forêts pour faire pousser des céréales que des animaux transforment, avec d’énormes pertes, en un peu de viande.
- ☁️Autant que tous les transports réunisL’élevage, c’est environ 14 à 18 % des gaz à effet de serre mondiaux, du même ordre que l’ensemble des transports. Tu peux garder ta voiture au garage tout l’été : si ton assiette ne change pas, tu n’as touché qu’à la moitié du problème.
- 💧Une calorie de bœuf boit 20 fois plusUne calorie de bœuf « boit » environ 10 litres d’eau, une calorie de céréales environ 0,5 litre. Rationner la douche pendant la sécheresse, c’est bien. Mais l’eau que tu économises sous la douche, un seul repas de viande l’avale.
- 🌊Le poisson « santé » laboure l’océanPour mettre du poisson dans ton assiette, on traîne des filets de plusieurs kilomètres qui raclent les fonds et ramassent tout sur leur passage. Or les fonds marins sont l’un des plus grands réservoirs de carbone de la planète. On les retourne comme un champ, et presque personne n’en parle.
Et pourquoi on ne se regarde jamais dans l’assiette ? Parce que manger, c’est appartenir. Depuis des centaines de milliers d’années, le repas partagé, c’est la tribu, la sécurité, l’amour. Remettre en question le fromage ou le saucisson « du terroir », c’est inconsciemment remettre en question sa famille et son groupe. Alors le cerveau préfère accuser le gouvernement. C’est moins menaçant. Le comprendre, ce n’est pas se culpabiliser : c’est reprendre le pouvoir.
La bonne nouvelle
Manger végétal pour la planète : ce que ta fourchette épargne chaque jour
Je ne dis pas ça pour culpabiliser. Je le dis parce que c’est une incroyable nouvelle : tu n’es pas impuissant. Tu n’as pas besoin d’attendre l’État. Selon les estimations reprises sur mon carrousel, chaque journée 100 % végétale épargne environ :
- 💧 4 000 litres d’eauSoit près de 1,5 million de litres sur une année.
- ☁️ 9 kg de CO₂Environ 3,3 tonnes par an, sans changer de voiture.
- 🌳 3 m² de forêtPlus de 1 000 m² par an, l’équivalent d’un grand jardin qui reste debout.
- 🌾 18 kg de céréalesDes céréales qui ne passent plus par un animal avant d’arriver, en bien plus petite quantité, jusqu’à un humain.
- 🐾 1 vie animale365 par an. Sans manifester, sans pétition. Juste avec ta fourchette.
Et pour tenir la canicule : mange ton eau
Boire, c’est évident. Ce qu’on sait moins, c’est que le cuit, le salé et le transformé te déshydratent en silence : le sel réclame de l’eau pour être évacué, et une alimentation riche en protéines animales demande à tes reins plus d’eau pour éliminer leurs déchets. La digestion d’un repas carné, qui dure 3 à 5 heures, produit aussi plus de chaleur interne que celle d’un fruit, digéré en 30 minutes à 2 heures. En pleine canicule, ton steak te chauffe de l’intérieur.
Le cru, lui, est une réserve d’eau vivante : concombre 96 % d’eau, tomate 94 %, pastèque 92 %, fraise 91 %, orange 87 %. Une assiette de cru, c’est un verre d’eau que tu mâches, avec en prime les minéraux que tu perds en transpirant. Et les sodas du rayon frais ? Laisse-les où ils sont.
Ce qu’on te répond
« Ce n’est pas mon assiette qui va sauver la planète » : ce qu’on y répond
- « C’est aux gouvernements et aux industriels d’agir. » Ils ont leur part, évidemment. Mais les industriels produisent ce qu’on achète. Chaque achat est une commande passée pour l’année suivante. Le seul levier que tu contrôles à 100 %, c’est celui-là.
- « Une personne ne change rien. » Une personne, c’est environ 1,5 million de litres d’eau et 365 vies par an. Et surtout, une personne qui change en inspire d’autres autour de sa table. C’est comme ça que toutes les normes ont bougé.
- « Ma viande est locale. » Le transport ne pèse qu’une petite part de l’empreinte d’un aliment. Ce qui pèse, c’est ce qu’il a fallu pour le produire : les terres, l’eau, les céréales, les émissions de l’animal. Un steak local reste un steak.
- « Le soja des vegans détruit l’Amazonie. » L’essentiel du soja cultivé dans le monde sert à nourrir les animaux d’élevage, pas les humains. Manger végétal, c’est justement retirer l’intermédiaire qui consomme le plus.
- « Il faut planter des arbres. » Oui. Et pour planter, il faut de la place. Libérer une partie des 83 % de terres agricoles occupées par l’élevage, c’est la plus grande forêt potentielle de la planète.
- « Le poisson, c’est léger. » Léger dans l’assiette, lourd pour l’océan : chalutage des fonds, prises accessoires, réservoirs de carbone remués. Les oméga-3 du poisson viennent des algues : on peut aller les chercher à la source.
Personne ne te demande d’être parfait. On te demande d’arrêter d’être une victime. Un repas, puis un jour, puis une semaine. Multiplie par 365, et tu deviens l’une des personnes qui protègent vraiment la planète.
En vidéo
Les animaux d’élevage, les vrais gloutons de la planète
Marco Pois Chiche en parle sur sa chaîne YouTube : voir la vidéo sur YouTube.
À faire dès demain
5 gestes pour commencer dès demain
- Commence par le midiUn repas 100 % végétal et vivant par jour, dès demain midi. C’est le geste le plus simple et le plus puissant de la liste.
- Remplace le poisson du soirPar une grande assiette crue, des graines de lin ou de chia et des algues. Et un dernier repas fini vers 17 ou 18 heures.
- Mange ton eauPastèque seule le matin, concombre, tomates, agrumes. Pendant les fortes chaleurs, une base de fruits et de crudités hydrate mieux qu’un plat cuit et salé.
- Vide le rayon soda de ton caddieRemplace par de l’eau, de l’eau citronnée, ou des fruits gorgés d’eau.
- Compte tes joursNote chaque jour 100 % végétal dans ton agenda. Au bout d’un mois, regarde ce que ça représente en eau et en vies épargnées.
Le végétal, c’est serein et durable.
À santé égale, une assiette végétale épargne des terres, de l’eau, des forêts, des océans et des vies. La viande, c’est un stress qu’on donne à son corps, une souffrance qu’on impose à un animal, et une facture qu’on laisse à la planète. On peut tous arrêter de la payer.
Pourquoi les conseils seuls ne suffisent pas
Lire des chiffres, ça choque deux minutes. Changer d’assiette quand il fait 40 degrés, que tu as faim et que le frigo est plein de vieilles habitudes, c’est autre chose. Il faut un cadre concret : quoi manger le matin, comment tenir jusqu’au soir, comment combiner les fruits sans ballonner. C’est exactement ce que j’ai mis dans Frudista, mon guide pour manger ton eau tout l’été.
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Je ne t’en veux pas, et je ne te juge pas. Je t’invite juste à arrêter d’attendre. Le geste le plus puissant pour la planète, tu peux le commencer dès ce midi.
Marco Pois Chiche
Tu te demandes par où commencer, Frudista ou Végévolution ? Émilie, mon assistante, te répond sur WhatsApp. Une vraie personne, pas un robot. Elle peut aussi t’orienter vers un praticien formé par Vegaïa.
Précautions. En cas de forte chaleur, bois régulièrement, surtout si tu es âgé, enceinte, si tu as un enfant en bas âge ou un traitement (diurétiques notamment) : demande conseil à ton médecin. Une cure fruitée n’est pas adaptée aux femmes enceintes ou allaitantes, aux moins de 18 ans, en cas de diabète de type 1, de sous-poids, d’antécédents de troubles du comportement alimentaire ou de traitement médical lourd. Une alimentation 100 % végétale demande une supplémentation en vitamine B12.
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À lire aussi : pourquoi arrêter la viande : le stress que tu manges, pourquoi arrêter les produits laitiers, écologie et alimentation et bien s’hydrater au quotidien.
Manger végétal, est-ce vraiment bon pour la planète ?
Oui. L’élevage occupe 83 % des terres agricoles pour 18 % des calories consommées (Poore et Nemecek, Science, 2018), et pèse environ 14 à 18 % des gaz à effet de serre mondiaux. Retirer l’animal de l’équation, c’est nourrir plus de monde avec beaucoup moins de terres, d’eau et d’émissions.
Quel est l’impact de la viande sur le climat ?
L’élevage émet du méthane, utilise d’immenses surfaces et reste la première cause de déforestation au monde. Une calorie de bœuf demande environ 10 litres d’eau, contre 0,5 litre pour une calorie de céréales.
Le poisson est-il plus écologique que la viande ?
Pas forcément. Le chalutage de fond racle les fonds marins, qui stockent énormément de carbone, et ramasse tout sur son passage. Pour les oméga-3, les graines de lin, de chia, les noix et les algues font le travail.
Que manger pendant une canicule ?
Des aliments riches en eau et peu chauffants : pastèque, melon (toujours seuls), concombre, tomate, agrumes, fraises, grandes salades crues. Évite le cuit, le salé, le transformé et les sodas, qui te déshydratent en silence.
Faut-il devenir 100 % vegan d’un coup ?
Non. On transitionne. Un repas, puis une journée, puis une semaine. L’important, c’est la direction et la régularité, pas la perfection du premier jour.
Les contenus Vegaïa sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.
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