Ton sang garde une mémoire de l’océan. Les algues, c’est la mer concentrée dans une pincée. Puissantes, précieuses, et justement pour ça : à apprivoiser.
Algues alimentaires : nori, wakamé, dulse, lesquelles choisir et combien ? Une algue n’est pas un légume comme les autres. C’est un concentré marin : quelques grammes changent tes apports en iode, pour le meilleur ou pour le trop.
On en voit partout : bols à la mode, poudres vertes, sea moss sur les réseaux. « C’est le super-aliment ultime. » « C’est dangereux pour la thyroïde. » Alors on achète un sachet qui reste au fond du placard, ou on en met partout sans savoir. Les deux passent à côté de l’essentiel : la bonne algue, la bonne dose, la bonne origine.
Tu te reconnais ?
7 signes que tu as besoin d’y voir clair sur les algues
- Tu manges végétal et tu ne sais pas d’où vient ton iode.
- Tu as un sachet d’algues jamais ouvert.
- Tu mets des paillettes ou des poudres partout, sans savoir combien.
- Tu prends de la spiruline en pensant couvrir ta B12.
- Tu as entendu parler du sea moss et tu hésites.
- Tu as un souci de thyroïde, ou quelqu’un dans ta famille.
- Tu cherches des minéraux naturels sans empiler les compléments.
Les algues peuvent être une vraie alliée. À condition de savoir laquelle, combien et d’où elle vient.
Ce que j’ai appris en les utilisant
Formé en nutrithérapie et en naturopathie, j’ai vite compris qu’un aliment très riche n’est pas forcément un aliment à manger beaucoup. Les algues en sont le meilleur exemple.
Chez les personnes que j’accompagne, je vois deux profils : celles qui n’en mangent jamais et manquent d’iode sans le savoir, et celles qui en mettent partout, surtout du kombu, et dépassent largement ce dont leur thyroïde a besoin. Le juste milieu tient dans une pincée.

L’organisme est un véritable aquarium marin vivant. René Quinton
Le vrai diagnostic
Algues alimentaires : pourquoi elles comptent, et pourquoi elles inquiètent
Au début du XXe siècle, René Quinton comparait notre milieu intérieur à l’eau de mer. Nos liquides baignent dans un équilibre de sodium, potassium, magnésium et oligo-éléments. Les algues puisent ces minéraux dans l’océan et les concentrent. C’est leur force, et leur limite.
- 🧪L’iode, le minéral qu’on oublie en végétalL’iode est la matière première des hormones thyroïdiennes. En alimentation classique, il vient surtout du sel iodé, des laitages et du poisson. En végétal, on peut en manquer sans s’en douter. Les algues sont une source naturelle et riche, des recherches relayées par le Dr Michael Greger le confirment.
- ⚖️Trop d’iode, aussi problématique que pas assezLe kombu contient tellement d’iode qu’une petite quantité dépasse largement les besoins quotidiens. Un excès régulier peut dérégler la thyroïde. Nori, dulse et wakamé sont plus modérés. La dose fait tout.
- 🌊Ce que l’océan concentre aussiUne algue absorbe ce qui l’entoure, y compris des métaux. Certaines, comme le hijiki, sont connues pour être riches en arsenic inorganique : on les évite. L’origine et l’analyse comptent autant que l’espèce.
- 🦠La confusion spiruline et chlorellaLa spiruline est une cyanobactérie, souvent rangée avec les algues. Elle est riche en fer (28 mg pour 100 g, contre 2,5 mg pour 100 g de bœuf), mais elle n’est pas une source fiable de B12. La B12 se complémente.
Le sel de la mer, sans le sel raffiné. Un terrain déminéralisé et acide puise dans ses réserves. Remplacer une partie du sel raffiné par des algues en paillettes, c’est garder la saveur en apportant un spectre minéral large. Attention au faux-ami : la nori grillée des sushis n’est plus crue. Choisis-la crue si tu veux une algue vivante.
La bonne nouvelle
Algues alimentaires : comment les intégrer sans excès
- Commence par les doucesNori crue, dulse, wakamé : quelques paillettes ou une feuille sur une salade, quelques fois par semaine. Saveur marine, iode modéré.
- Le kombu, en pincée ou en trempageUn petit morceau pour parfumer une préparation, puis retiré. Jamais en grande quantité, jamais tous les jours.
- Remplacer une partie du sel raffinéDes paillettes de dulse ou de nori : la saveur, les minéraux, moins de sel raffiné.
- Choisir une origine analyséeAlgues bio, d’origine connue, avec analyses. Évite le hijiki et les poudres sans traçabilité.
Ce qu’on ne fait plus
Plus de kombu à volonté. Plus de sea moss à la cuillère sans connaître sa teneur en iode. Plus de spiruline « pour la B12 ». Plus d’algues en plus d’un traitement de la thyroïde sans en parler. Une algue se respecte comme l’océan : avec émerveillement et mesure.
Ce qu’on te répond
« Les algues, c’est dangereux pour la thyroïde » : ce qu’on y répond
- « C’est dangereux. » L’excès l’est, surtout avec le kombu. Les algues douces en petites quantités sont une source d’iode utile en végétal. Le danger, c’est l’absence de repère, pas l’algue.
- « Je n’en ai pas besoin, je mange équilibré. » En végétal, sans sel iodé, sans laitages ni poisson, l’iode peut manquer sans bruit. Il faut une source : algues douces ou complément, avec ton médecin.
- « La spiruline remplace tout. » Elle apporte du fer, pas de B12 fiable, et ne remplace ni l’iode ni une assiette vivante.
- « Le sel iodé suffit. » Il apporte de l’iode, mais c’est un sel raffiné. Une pincée d’algues apporte l’iode avec un spectre minéral plus large.
Le juste, pas le maximum. En nutrition vivante, ce qui est très concentré se prend en petites touches régulières. Les algues sont l’assaisonnement de ta santé, pas son plat principal.
En vidéo
Les bienfaits des algues sèches
Marco Pois Chiche en parle sur sa chaîne YouTube : voir la vidéo sur YouTube.
À faire dès demain
5 gestes pour bien commencer avec les algues
- Un sachet de paillettes de dulse ou de nori crueBio, d’origine connue.
- Une pincée sur ta salade du midiQuelques fois par semaine.
- Range le kombu pour les grandes occasionsUn petit morceau, puis retiré.
- Vérifie ta B12Complément, quelle que soit ta spiruline.
- Parles-en si tu as un souci de thyroïdeAvant d’en consommer régulièrement.
Le végétal, c’est serein et durable.
Les algues apportent l’iode et les minéraux de la mer sans pêcher un seul poisson. La chair animale, c’est un stress qu’on donne à son corps, et une souffrance qu’on impose à d’autres. L’océan peut nourrir sans être vidé.
Pourquoi les conseils seuls ne suffisent pas
Les algues sont une pièce de la reminéralisation. Mais un terrain déminéralisé se reconstruit avec tout un ensemble : alcaliniser l’assiette, soutenir le foie et les reins, apporter les bons minéraux au bon moment. C’est le travail de la Curaçao.
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La mer a quelque chose à t’offrir. Prends-le avec mesure : une pincée d’algues, beaucoup de fruits, et ton terrain retrouve ses minéraux.
Marco Pois Chiche
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Précautions. En cas de maladie thyroïdienne (hypo ou hyperthyroïdie, Hashimoto, nodules), de traitement, de grossesse ou d’allaitement, demande l’avis de ton médecin avant de consommer des algues régulièrement ou un complément d’iode. Évite le hijiki. Pas de kombu ni de sea moss en grande quantité. Les algues sont riches en sodium et en potassium : prudence en cas de maladie rénale ou cardiaque. La vitamine B12 se complémente.
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À lire aussi : l’iode en végétal, thyroïde et alimentation et les super-aliments qui servent vraiment.
Quelles algues manger quand on est végétalien ?
Nori crue, dulse et wakamé, en petites quantités régulières. Elles apportent iode et minéraux avec une teneur plus modérée que le kombu.
Combien d’algues par jour ?
Une petite pincée de paillettes ou une feuille de nori, quelques fois par semaine, suffit souvent. Le kombu, lui, reste occasionnel. En cas de souci thyroïdien, demande l’avis de ton médecin.
Les algues sont-elles dangereuses pour la thyroïde ?
L’excès d’iode peut perturber la thyroïde. Les algues douces en petite quantité sont une source utile. Évite les grandes quantités de kombu.
La spiruline est-elle une algue ?
C’est une cyanobactérie, souvent classée avec les algues. Riche en fer, elle n’est pas une source fiable de B12.
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