« Mais tu manges du poisson quand même ? » Non. Et voici pourquoi, slide par slide.
Pourquoi les végétaliens ne mangent pas de poisson ? Parce que le poisson est un animal, déjà. Mais aussi parce que l’aliment réputé le plus sain du supermarché est devenu l’un des plus contaminés, que sa pêche vide les océans, et que tout ce qu’on lui doit, on peut le trouver dans le végétal. Il suffit de s’adapter.
Le post Instagram
Ce carrousel a été aimé par plus de 1 300 personnes sur Instagram. Voici la version complète, avec tout ce que je n’ai pas pu mettre en 7 slides.
La vie marine est délicate, équilibrée. Et nous avons aujourd’hui assez d’informations pour remplacer les bienfaits du poisson avec du végétal. Ce post date de 2023. Depuis, j’ai encore avancé : je te donne ici la version à jour, avec les chiffres vérifiés.
Tu te reconnais ?
6 raisons pour lesquelles tu manges encore du poisson
- Tu as arrêté la viande, mais le poisson te semble « différent ».
- On t’a appris que le poisson, c’est la santé, le cerveau, le cœur.
- Tu as peur de manquer d’oméga-3 sans lui.
- Tu adores les sushis et tu ne vois pas par quoi les remplacer.
- Tu penses qu’un poisson ne ressent pas grand-chose.
- Tu achètes du saumon d’élevage en pensant épargner la mer.
Rien de tout ça n’est absurde. C’est ce qu’on nous répète depuis l’enfance. Mais quand on regarde ce qu’il y a vraiment derrière l’étiquette « poisson sain », le tableau change complètement.
Le jour où j’ai fait le lien
Mon déclic pour le végétal, en 2018, c’est un porcelet congelé : l’animal derrière l’assiette. Avec le poisson, le lien était plus difficile à faire. Il ne crie pas, il ne nous ressemble pas. Puis j’ai compris qu’un filet de saumon raconte la même histoire, avec en plus un océan qui se vide.
Chez les personnes que j’accompagne, le poisson est souvent le dernier produit animal à quitter l’assiette. Et c’est presque toujours la peur des carences qui le retient, pas le goût. Une fois les oméga-3 et l’iode compris, la peur tombe.

Le poisson tire ses oméga-3 des algues. Pourquoi passer par lui ?
Le vrai diagnostic
Pourquoi les végétaliens ne mangent pas de poisson : les 6 raisons
Ce qu’on appelle « manger du poisson » met en jeu trois choses à la fois : ton corps, les animaux et l’océan entier.
- 🐟1. Des êtres sensibles, par milliardsLes estimations les plus citées parlent de 1 000 à 2 700 milliards de poissons sauvages pêchés chaque année. Les poissons ont des nocicepteurs, et de nombreux travaux de recherche décrivent chez eux des réactions de douleur et d’évitement. Ce n’est pas parce qu’un animal ne crie pas qu’il ne souffre pas.
- 🕸️2. Une pêche qui ramasse toutLes grands filets comme la senne ou le chalut prennent tout sur leur passage : requins, dauphins, tortues, phoques. Environ 100 millions de requins sont tués chaque année, plus de 10 000 par heure. Le vaquita, petit marsouin du golfe de Californie, est au bord de l’extinction à cause des filets. Et plus d’un tiers des stocks de poissons évalués sont surexploités selon la FAO.
- 🧴3. Le plastique des océans vient en grande partie de la pêcheDans le grand amas de déchets du Pacifique Nord, les filets de pêche représentent au moins 46 % de la masse de plastique (Lebreton et al., 2018). J’avais écrit « 46 % des plastiques dans les océans » : le chiffre exact concerne ce gyre, et il est déjà vertigineux.
- ⚗️4. Un aliment concentré en polluantsLes océans reçoivent ce que nos sociétés rejettent, et les poissons, surtout les gros prédateurs, accumulent mercure, arsenic, PCB, dioxines et anciens pesticides comme le DDT ou la dieldrine. Aucune cuisson ne les retire. Les autorités sanitaires recommandent d’ailleurs de limiter certains poissons pendant la grossesse et chez l’enfant.
- 🏭5. L’élevage de poisson n’est pas la solutionL’aquaculture fournit désormais environ la moitié des poissons consommés et compte parmi les productions animales qui croissent le plus vite. Des poissons migrateurs, faits pour parcourir des centaines de kilomètres, vivent entassés dans des bassins, nourris de farines animales ou de soja. Un saumon d’élevage ne mange plus les algues qui lui donnaient ses oméga-3.
- 🌿6. « Le poisson, c’est sain », comparé à quoi ?Ses bienfaits tiennent surtout aux oméga-3 à longue chaîne, EPA et DHA. Or le poisson les tire des microalgues, en théorie. Les graines de lin, de chia, les noix et les huiles d’algues apportent les oméga-3 sans tuer personne, avec en bonus des antioxydants, des vitamines, des minéraux et des fibres.
Le détail que peu de gens connaissent. Les oméga-3 des graines (ALA) doivent être convertis par ton foie en EPA et DHA, et cette conversion est limitée. C’est pour ça qu’une alimentation végétale sérieuse ne se contente pas de « manger des noix » : on soigne le ratio oméga-3/oméga-6, passé en France de 1:4 à 1:12, voire 1:24, en réduisant les huiles riches en oméga-6, et on peut compléter avec une huile d’algues, la source d’origine. On va directement à la source, au lieu de passer par un animal contaminé.
Ce qu’on te répond… et ce qu’on y répond
« Mais le poisson, c’est bon pour la santé » : ce qu’on y répond
- « Le poisson, c’est indispensable pour les oméga-3. » Le poisson n’en fabrique pas : il les accumule en mangeant des microalgues. Lin, chia, noix et huile d’algues te donnent la même famille de nutriments, sans mercure ni microplastiques.
- « Les poissons ne ressentent rien. » Ils ont un système nerveux, des nocicepteurs, et fuient ce qui leur fait mal. Ils n’ont simplement pas de voix pour nous le dire.
- « Je prends du poisson d’élevage, c’est plus respectueux de la mer. » L’élevage nourrit souvent ses poissons avec d’autres poissons pêchés en mer, et concentre les animaux dans des conditions d’hygiène difficiles. Le problème change de forme, il ne disparaît pas.
- « Je mange de la pêche durable. » Les labels ne font pas disparaître les prises accessoires, les filets perdus ni l’animal lui-même. Et à 8 milliards d’humains, l’océan ne peut pas nourrir tout le monde en poisson.
- « Sans poisson, je vais manquer d’iode. » Les algues en apportent beaucoup, à consommer avec modération justement parce qu’elles sont très riches. Le sel iodé est une autre option simple.
- « Les végétariens mangent bien du poisson. » Non : un végétarien ne mange ni viande ni poisson. Celui qui mange du poisson sans viande est pescétarien. Le poisson est un animal.
La bonne nouvelle
Remplacer le poisson, version vivante
- Les oméga-3 chaque jourGraines de lin fraîchement moulues, chia, noix, à intégrer à tes bols et à tes salades. Je prends moi-même 3 cuillères à soupe de graines de lin par jour.
- L’iode avec mesureQuelques algues, nori ou dulse, pour le goût marin et l’iode, sans excès.
- Les makis végétauxLes makis vegan sont à tomber par terre : feuille de nori, avocat, concombre, mangue, carotte, et une tomate marinée qui rappelle le thon. Version vivante : un « riz » de chou-fleur cru à la place du riz.
- Le goût de la mer sans la merNori émiettée, citron, câpres sur un avocat ou une salade : ton cerveau retrouve la sensation iodée qu’il associe au poisson.
Ce qu’on ne fait plus
On ne remplace pas le poisson par du « faux poisson » ultra-transformé plein d’additifs. On ne mange plus de thon « pour les oméga-3 ». On n’achète pas de gélules d’huile de poisson en pensant avoir trouvé le compromis. On remonte à la source : l’algue, la graine, le vivant.
L’océan occupe 71 % de la surface de la Terre. Il produit une grande partie de l’oxygène que nous respirons et nourrit des milliards de personnes. Le laisser respirer, c’est se laisser respirer.
En vidéo
Mon avis sur Seaspiracy et la pêche
Marco Pois Chiche en parle sur sa chaîne YouTube : voir la vidéo sur YouTube.
À faire dès demain
4 gestes pour arrêter le poisson dès demain
- Moulin à graines de lin sur la tableUne à trois cuillères par jour, moulues au dernier moment.
- Un repas « mer » 100 % végétal cette semaineMakis végétaux ou salade nori-avocat-citron. Tu verras que ce que tu aimais, c’était surtout la sauce et l’iode.
- Regarde un documentaire sur la pêcheSeaspiracy, par exemple. On ne change pas ce qu’on refuse de voir.
- Fais un bilanSi tu as peur des carences, un bilan sanguin avec ton médecin te rassurera et te guidera.
Le végétal, c’est serein et durable.
À santé égale, une assiette végétale épargne les océans, les requins, les tortues, et des milliards de poissons qui n’ont pas de voix. Le poisson, comme la viande, c’est un stress de plus qu’on donne à son corps, et une souffrance qu’on impose au vivant.
Pourquoi les conseils seuls ne suffisent pas
Arrêter le poisson, c’est souvent la dernière étape d’une transition, celle où la peur des carences est la plus forte : oméga-3, iode, B12. Il faut savoir quoi mettre dans l’assiette, dans quel ordre, et comment répondre à l’entourage qui te dit « mais le poisson, c’est sain ». C’est tout le chemin de Végévolution.
4 semaines pour passer au végétal
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- Oméga-3, iode, B12 : les bons réflexes
- Remplacer le poisson par des repas vivants et goûteux
- Une transition progressive, semaine après semaine
- Les réponses calmes aux inquiétudes de ton entourage
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Le poisson n’a pas de voix. Alors on parle pour lui, avec douceur, et avec une assiette pleine de vie qui prouve qu’on n’a pas besoin de lui pour être en pleine forme.
Marco Pois Chiche
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Précautions. En alimentation végétale, la B12 se complémente toujours. Les algues sont très riches en iode : en cas de trouble thyroïdien, de grossesse ou d’allaitement, demande un avis médical avant d’en consommer régulièrement. Pendant la grossesse, l’allaitement et chez l’enfant, les besoins en DHA sont particuliers : parles-en à ton médecin ou à ta sage-femme. Ne modifie jamais un traitement sans avis médical.
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À lire aussi : thon et mercure : pourquoi arrêter le poisson, les oméga-3 végétaux, manger végétal pour la planète et pourquoi arrêter la viande. Et aussi : les chiffres de Seaspiracy vérifiés un par un.
Pourquoi les vegans ne mangent pas de poisson ?
Parce que le poisson est un animal sensible, que la pêche industrielle vide les océans et tue des millions d’autres animaux au passage, que l’élevage de poisson pose les mêmes problèmes que l’élevage terrestre, et que ses bienfaits nutritionnels se trouvent dans le végétal.
Les poissons ressentent-ils la douleur ?
Les poissons possèdent des nocicepteurs et de nombreux travaux scientifiques décrivent chez eux des comportements liés à la douleur. Le fait qu’ils ne crient pas ne signifie pas qu’ils ne souffrent pas.
Comment avoir des oméga-3 sans manger de poisson ?
Avec les graines de lin, de chia, les noix, en limitant les huiles trop riches en oméga-6, et si besoin avec une huile d’algues, la source d’où les poissons tirent leurs oméga-3.
Un végétarien mange-t-il du poisson ?
Non. Un végétarien ne mange ni viande ni poisson. Une personne qui mange du poisson mais pas de viande est pescétarienne.
Par quoi remplacer les sushis ?
Par des makis végétaux : nori, avocat, concombre, mangue, carotte, tomate marinée. Pour une version crue, remplace le riz par un « riz » de chou-fleur.
Sources citées dans le carrousel et l’article : FAO, La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture ; Lebreton L. et al., Scientific Reports, 2018 ; Worm B. et al., Marine Policy, 2013 (requins) ; fishcount.org.uk (estimations du nombre de poissons pêchés) ; NutritionFacts.org.
Les contenus Vegaïa sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.
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