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Seaspiracy : les chiffres du documentaire vérifiés un par un

Seaspiracy

Les chiffres de Seaspiracy m’ont fait pleurer. Alors je les ai tous vérifiés.

Les chiffres de Seaspiracy ont fait le tour du monde : 5 millions de poissons tués par minute, un océan vide en 2048, des filets qui pourraient contenir une cathédrale. Certains sont exacts, d’autres exagérés, quelques-uns faux. Voici chaque chiffre du documentaire, vérifié et remis à l’échelle. Spoiler : même corrigée, la réalité reste vertigineuse.

Le post Instagram

Ce carrousel a été aimé par plus de 1 400 personnes sur Instagram. Voici la version complète, avec tout ce que je n’ai pas pu mettre en 8 slides.

Voir ce post sur Instagram

En mars 2021, j’ai publié ce carrousel le soir même où j’ai vu le documentaire d’Ali Tabrizi sur Netflix. J’avais repris les chiffres tels qu’ils apparaissaient à l’écran. Cinq ans plus tard, je les ai confrontés aux études d’origine. Je te montre ce qui tient, ce que j’ai corrigé, et pourquoi le fond du message, lui, ne bouge pas.

Tu te reconnais ?

5 phrases qu’on entend après avoir vu Seaspiracy

  • « C’est un documentaire militant, tout est exagéré. »
  • « Je prends du poisson labellisé pêche durable, je suis tranquille. »
  • « Le plastique des océans, c’est la faute des pailles. »
  • « Le poisson d’élevage, ça règle le problème. »
  • « Les poissons ne souffrent pas vraiment. »

Quand un chiffre est faux, on jette tout le message avec. C’est exactement pour ça qu’il faut des chiffres justes : pour que personne ne puisse balayer l’essentiel d’un revers de main.

Ce que j’ai ressenti devant ce documentaire

J’ai grandi dans une éducation portugaise à l’ancienne, où l’exploitation animale était absolument normale, celle des poissons encore plus que les autres : on ne les voit même pas comme des animaux. Quand je suis passé au végétal en 2018, j’ai dû apprendre à les regarder autrement.

Seaspiracy m’a secoué. J’en ai fait une vidéo d’avis sur ma chaîne. Mais avec le recul, je préfère te donner des chiffres qu’aucun pêcheur ne pourra contester, plutôt que des chiffres chocs qu’un seul fact-check suffit à démonter.

Marco Pois Chiche dans la jungle, après avoir vérifié les chiffres de Seaspiracy

Un chiffre faux sert l’industrie. Un chiffre juste la met face à elle-même.

Les chiffres

Les chiffres de Seaspiracy, vérifiés un par un

1. « 5 millions de poissons tués chaque minute » : vrai, en haut de la fourchette

Le carrousel parlait de 2,7 mille milliards de poissons par an. C’était le haut de l’estimation de l’organisation fishcount pour 1999-2007. Sa mise à jour de 2024 donne entre 1,1 et 2,2 mille milliards de poissons sauvages pêchés chaque année entre 2000 et 2019, sans compter les poissons d’élevage. Soit entre 2 et 4 millions par minute. Des êtres sensibles, comptés en tonnes, jamais en individus.

2. « Les filets de pêche, 46 % du plastique de l’océan » : à corriger

Le chiffre vient d’une étude de 2018 sur le grand vortex de déchets du Pacifique Nord : 46 % de sa masse plastique est constituée de filets de pêche. C’est énorme, mais ça concerne cette zone, pas l’ensemble des océans. Les filets géants capables d’engloutir « 13 Boeing 747 » existent bien : ce sont les plus grands chaluts pélagiques. Le chiffre « 500 fois le tour de la Terre » n’a pas de source vérifiable, je le retire.

3. « 3,9 milliards d’hectares de fonds raclés » : à corriger

Le documentaire parle en acres, pas en hectares. L’estimation la plus citée (Watling et Norse, 1998) évalue la surface chalutée chaque année à environ 15 millions de km², soit près de 150 fois la surface de forêt rasée chaque année à l’époque. Pas « 100 000 fois pire » comme je l’avais écrit, mais 150 fois, ce qui suffit à faire du chalutage de fond l’une des pires destructions d’habitats de la planète.

4. « 50 millions de requins tués dans les filets » : sous-estimé

Les estimations scientifiques parlent d’environ 100 millions de requins tués chaque année, toutes pêches confondues, dont une grande partie en prises accessoires. Et selon une étude de 2009, environ 40 % des captures mondiales sont des prises accessoires, souvent rejetées mortes à la mer.

5. « Les plantes marines absorbent 20 fois plus de carbone » : à préciser

Ce qui est vrai : à surface égale, les herbiers marins captent le carbone jusqu’à 35 fois plus vite qu’une forêt tropicale, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement. Ce qui est faux : dire qu’ils sont « 20 fois plus importants » que les forêts, car ils couvrent une surface bien plus petite. Mais chaque herbier raclé par un chalut relâche un carbone stocké depuis des siècles.

6. « L’océan retient 93 % du CO2 » : à corriger

Le 93 % correspond plutôt à la part de l’excès de chaleur du réchauffement absorbée par l’océan, selon le GIEC. Pour le carbone : l’océan en contient environ 50 fois plus que l’atmosphère et a absorbé environ un quart de nos émissions de CO2. Le chiffre des « 97 millions de voitures » n’a pas de source solide, je le retire.

7. « Moins de 1 % de l’océan vraiment protégé » : dépassé

En 2021, la part d’océan totalement protégée était minuscule. Aujourd’hui, environ 8 % de l’océan est classé en aire marine protégée, mais moins de 3 % est réellement fermé à la pêche. La plupart des aires « protégées », y compris en France, autorisent encore le chalutage.

8. « 80 % des revenus des labels viennent de leurs licences » : vrai

Selon ses propres comptes, le principal label de pêche durable tire environ 80 % de ses revenus des redevances payées pour utiliser son logo. Plus il certifie, plus il gagne. Ça ne prouve pas la fraude, mais c’est un conflit d’intérêts structurel, sur des bateaux que personne ne peut contrôler en pleine mer.

9. « 35 milliards de subventions par an » : vrai

Une étude de 2019 chiffre les subventions mondiales à la pêche à 35,4 milliards de dollars par an, dont environ 22 milliards qui augmentent directement la capacité de pêche. En 2008, la FAO estimait à 30 milliards de dollars par an l’investissement nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde.

10. « 50 % des poissons d’élevage meurent de maladies » : exagéré

La mortalité en pisciculture est très élevée, mais variable : dans les fermes de saumon écossaises, jusqu’à un poisson sur quatre meurt avant l’abattage certaines années. Les rejets organiques des cages sont comparés à ceux de villes entières. Et oui : la chair du saumon d’élevage serait pâle, presque grise, sans l’astaxanthine ajoutée à sa nourriture pour la colorer en rose.

11. « L’océan sera vide en 2048 » : faux, et c’est important

Cette date vient d’une projection de 2006. Son auteur principal l’a lui-même nuancée en 2009 : là où la pêche est réellement encadrée, certains stocks se reconstituent. La réalité actuelle, selon la FAO (2024) : 37,7 % des stocks de poissons sont surexploités, et la proportion ne cesse d’augmenter depuis 50 ans. Pas un océan vide en 2048, mais un océan qui se vide.

12. Le flétan : vrai

Selon l’historien de la mer Callum Roberts, les bateaux britanniques débarquaient au XIXe siècle en une journée ce qu’ils mettent aujourd’hui un an à pêcher. C’est le phénomène des « références qui glissent » : chaque génération prend pour normale une mer déjà vidée par la précédente.

Le vrai diagnostic

Pourquoi la pêche « durable » est un mirage

Une fois les chiffres corrigés, le constat reste le même. Et il s’explique simplement.

  • 🌊On ne voit rienSur terre, une forêt rasée se voit d’avion. En mer, un fond raclé reste invisible. Ce qui ne se voit pas ne se régule pas.
  • 🏷️On rassure plus qu’on ne contrôleLabels, mentions « durable », « responsable » : le consommateur achète une tranquillité d’esprit, rarement une garantie vérifiée à bord.
  • 🐟On compte en tonnesUn poisson n’est jamais « un individu ». C’est cette distance qui permet de tuer à l’échelle du millier de milliards sans émotion.
  • 🔁L’élevage ne soulage pas la merUne grande partie des poissons d’élevage carnivores sont nourris de farines et d’huiles issues de poissons sauvages. On vide la mer pour remplir les cages.

Ce qui est le plus frappant : pour les oméga-3, le poisson n’est qu’un intermédiaire. Ce sont les micro-algues qui les fabriquent. Le poisson les accumule en mangeant, avec au passage le mercure et les polluants de la chaîne alimentaire.

Ce qu’on te répond… et ce qu’on y répond

Seaspiracy : les objections, et nos réponses

  • « Seaspiracy, c’est de la propagande. » Certains chiffres étaient exagérés, je le reconnais. Mais les sources officielles (FAO, études publiées) décrivent la même tendance : surpêche, prises accessoires massives, fonds détruits.
  • « Je mange du poisson labellisé. » Un label financé par ses licences et une pêche impossible à surveiller en mer : c’est une promesse, pas une preuve.
  • « Le poisson est indispensable pour les oméga-3. » Les oméga-3 viennent des algues. Graines de lin moulues, chia, noix pour l’ALA, et huile de micro-algues pour l’EPA et le DHA, sans mercure.
  • « L’aquaculture va nourrir le monde. » Tant qu’on nourrit des saumons avec des poissons sauvages et qu’une partie des cages perd un poisson sur quatre, c’est un déplacement du problème.
  • « Les poissons ne ressentent pas la douleur. » Ils ont des nocicepteurs, apprennent à éviter ce qui les blesse et changent de comportement après une blessure. Le doute profite à l’animal.

La bonne nouvelle

Remplacer le poisson, version vivante

  • Les oméga-3 chaque jourUne cuillère de graines de lin fraîchement moulues ou de chia, quelques noix, et si besoin une huile de micro-algues.
  • L’iode avec mesureQuelques algues en paillettes, avec modération, plutôt qu’un plat de poisson.
  • Le goût de la mer sans la merNori, citron, câpres, avocat : un tartare végétal vivant suffit à retrouver l’iode et la fraîcheur.
  • Les fruits au centreUn corps qui vit de fruits et de végétaux vivants n’a pas besoin de la mer pour être nourri.

Ce qu’on ne fait plus

On ne relaie plus un chiffre choc sans source : ça décrédibilise une cause juste. On ne croit plus qu’un logo bleu sur une boîte de thon suffit. Et on ne remplace pas le poisson par des « faux poissons » industriels ultra-transformés : le végétal vivant est la vraie réponse.

En vidéo

Mon avis sur Seaspiracy

Marco Pois Chiche en parle sur sa chaîne YouTube : voir la vidéo sur YouTube.

Le végétal, c’est serein et durable.

À santé égale, une assiette végétale épargne les mers, les fonds, les requins, les tortues et des milliers de milliards de poissons. La viande et le poisson, c’est un stress qu’on donne à son corps et une souffrance qu’on impose à d’autres. L’océan, lui, n’a besoin que d’une chose : qu’on le laisse respirer.

Par où commencer : Végévolution

Après un documentaire comme Seaspiracy, beaucoup arrêtent le poisson sur un coup d’émotion, puis reprennent trois semaines plus tard, par peur des carences ou par manque d’idées. Ce qui tient, c’est une méthode. C’est le rôle de Végévolution : 4 semaines pour passer au végétal, oméga-3 et iode compris.

Végévolution, 4 semaines pour arrêter le poisson et passer au végétal après Seaspiracy

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  • Oméga-3, iode, B12 : les nutriments à surveiller sans poisson
  • Une transition progressive, semaine après semaine
  • Des repas végétaux simples, de saison
  • Les réponses calmes aux remarques de ton entourage

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Merci Marco, grâce à toi j’ai végétalisé mon alimentation.

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Suivre Marco sur Instagram

Marco Pois Chiche

Je me suis trompé sur certains chiffres, et je préfère te le dire. Ce qui ne change pas, c’est l’essentiel : la mer a besoin qu’on la laisse tranquille, et on peut très bien vivre sans elle dans notre assiette.

Marco Pois Chiche

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Précautions. En alimentation végétale, la B12 se complémente toujours. Les algues sont très riches en iode : à petites doses, et avec avis médical en cas de trouble de la thyroïde. Enceinte, allaitante, avec de jeunes enfants, sous traitement ou avec une maladie chronique : fais ta transition avec un professionnel de santé, notamment pour les oméga-3 (DHA).

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À lire aussi : pourquoi les végétaliens ne mangent pas de poisson, thon et mercure : pourquoi arrêter le poisson et manger végétal pour la planète.

Questions fréquentes

Les chiffres de Seaspiracy sont-ils vrais ?

En partie. Le nombre de poissons tués, les prises accessoires, les subventions et le modèle économique des labels sont confirmés par les études. D’autres chiffres sont exagérés ou mal sourcés, comme l’océan vide en 2048 ou les 46 % de plastique pour tout l’océan.

Combien de poissons sont pêchés chaque année ?

Entre 1,1 et 2,2 mille milliards de poissons sauvages par an selon l’estimation de fishcount publiée en 2024, soit 2 à 4 millions par minute, sans compter l’élevage.

L’océan sera-t-il vide en 2048 ?

Non, cette projection de 2006 a été nuancée par son auteur. Mais selon la FAO, 37,7 % des stocks sont surexploités et la tendance s’aggrave depuis 50 ans.

Le label pêche durable est-il fiable ?

Il tire environ 80 % de ses revenus des licences de son logo, et les contrôles en mer restent très limités. C’est un indicateur, pas une garantie.

Comment avoir des oméga-3 sans manger de poisson ?

Graines de lin moulues, chia et noix apportent l’ALA ; une huile de micro-algues apporte directement l’EPA et le DHA, à la source, sans mercure.

Sources : Seaspiracy (Ali Tabrizi, Netflix, 2021) ; fishcount.org.uk (Mood et al., 2024) ; Lebreton et al., Scientific Reports, 2018 ; Watling et Norse, Conservation Biology, 1998 ; Worm et al., Marine Policy, 2013 (requins) ; Davies et al., Marine Policy, 2009 (prises accessoires) ; PNUE, « Out of the blue », 2020 ; GIEC, AR5 et AR6 ; Protected Planet et MPAtlas (aires marines protégées) ; rapport annuel du Marine Stewardship Council ; Sumaila et al., Marine Policy, 2019 ; FAO, 2008 et « La situation mondiale des pêches et de l’aquaculture », 2024 ; Worm et al., Science, 2006 et 2009 ; Callum Roberts, « The Unnatural History of the Sea ». Corrections apportées au carrousel : 2,7 mille milliards = haut d’une ancienne fourchette ; 46 % du plastique concerne le vortex du Pacifique Nord ; acres et non hectares, et 150 fois la déforestation, non 100 000 ; requins plutôt 100 millions par an ; herbiers « 35 fois plus vite à surface égale » et non « 20 fois plus importants » ; 93 % concerne la chaleur absorbée ; aires marines protégées mises à jour ; mortalité en élevage « jusqu’à un quart » et non 50 % ; 2048 nuancé ; « 500 fois le tour de la Terre » et « 97 millions de voitures » retirés faute de source.

Les contenus Vegaïa sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.

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