« C’est pas du poison, c’est du poisson ! » Il est temps de le reconnaître : le poisson n’est pas l’allié santé qu’on t’a vendu.
Thon et mercure : en octobre 2024, l’association Bloom a fait analyser 148 boîtes de thon achetées dans 5 pays européens. Toutes contenaient du mercure. Toutes.
On t’a appris que le poisson, c’était la santé : les oméga-3, le cœur, le cerveau, « deux fois par semaine ». Le thon en boîte, c’est la salade des pressés, la protéine du sportif, le sandwich du midi. Et pendant ce temps, les océans servent de poubelle à nos polluants, qui remontent la chaîne alimentaire jusqu’à ton assiette. Même si c’était sain, la façon dont les poissons sont pêchés et élevés pose un problème. Regardons tout, calmement.
Le post Instagram
Ce carrousel a été aimé par plus de 1 000 personnes sur Instagram. Voici la version complète, avec tout ce que je n’ai pas pu mettre en 10 slides.
Tu te reconnais ?
6 signes que le poisson a encore une place qu’il ne mérite pas
- Tu manges du thon en boîte plusieurs fois par semaine, parce que c’est pratique.
- Tu as arrêté la viande, mais le poisson te semble « différent ».
- Tu manges du poisson « pour les oméga-3 », sans connaître d’autre source.
- Tu choisis le saumon d’élevage en pensant faire un choix santé.
- Tu n’as jamais pensé aux filets, aux dauphins, aux fonds marins.
- Ton coach ou ton naturopathe te conseille encore du poisson tous les jours.
Ce n’est pas ta faute : le poisson a bénéficié pendant des décennies d’une image de santé. Mais l’océan a changé, et l’information aussi.
Le jour où j’ai vu l’animal derrière l’assiette
Je viens d’une éducation portugaise à l’ancienne, où le poisson était partout. Mon déclic végétal, en 2018, est venu d’un porcelet congelé : l’animal derrière l’assiette. Le poisson, c’est la même histoire, sauf qu’on ne l’entend pas crier.
Depuis, je n’en mange plus, je ne prends pas d’huile de poisson, et je publie mes bilans sanguins. Chez les personnes que j’accompagne, le poisson est souvent le dernier produit animal à partir, parce qu’on l’a cru indispensable. Quand elles découvrent d’où viennent vraiment les oméga-3, la peur tombe.

Le poisson n’a jamais fabriqué ses oméga-3. Il les a mangés dans les algues. Va directement à la source.
Le vrai diagnostic
Thon et mercure : ce que tu manges vraiment avec ton poisson
Le poisson est au bout d’une longue chaîne : microalgues, petits poissons, gros poissons. Ce qui est rejeté dans l’eau se concentre à chaque étage. Le thon, grand prédateur à longue vie, est tout en haut.
- ☣️Le mercure, au sommet de la chaîneDans l’océan, le mercure se transforme en méthylmercure, qui s’accumule dans la chair des poissons et se concentre chez les prédateurs comme le thon et l’espadon. C’est un neurotoxique qui traverse le placenta : les autorités sanitaires demandent déjà aux femmes enceintes et aux jeunes enfants de limiter ces poissons. Dans l’enquête de Bloom, plus de la moitié des boîtes dépassaient 0,3 mg/kg, le seuil appliqué à beaucoup d’autres poissons, et une boîte atteignait 13 fois ce seuil. Le thon bénéficie d’une limite réglementaire plus haute, 1 mg/kg. Bloom a titré : il faut absolument éviter d’en manger.
- 🧪Les polluants éternels, jusqu’en AntarctiqueGreenpeace a détecté du plastique et des produits chimiques persistants dans les eaux de l’océan Antarctique, l’un des endroits les plus isolés du monde. Ces polluants, PFAS, PCB, microplastiques, s’accumulent dans les graisses des poissons. Les produits de la mer sont une source majeure de métaux lourds et de polluants persistants dans notre alimentation.
- 🐟La pisciculture, pire qu’on ne croitDes poissons faits pour nager sur de longues distances, entassés dans des bassins. Eau contaminée, virus et parasites qui se transmettent aux poissons sauvages, antibiotiques, farines animales, stress chronique. Le saumon d’élevage n’est pas une version propre du saumon sauvage : c’est un animal malade qu’on soigne en continu.
- 🕸️La pêche détruit plus qu’elle ne prendDans le grand vortex de déchets du Pacifique nord, les filets et le matériel de pêche représentent environ 46 % de la masse de plastique. Même quand la pêche s’arrête, les filets abandonnés continuent de tuer : c’est la pêche fantôme. Et les filets ramassent tout, sans distinction. Dans le golfe de Gascogne, les captures accidentelles de dauphins ont été si nombreuses que la pêche a dû être suspendue un mois en hiver 2024.
Le paradoxe des oméga-3. On mange du poisson pour ses oméga-3. Mais le poisson ne les fabrique pas : il les accumule en mangeant des microalgues, directement ou via d’autres poissons. En mangeant le poisson, tu prends les oméga-3 et tout ce que la mer a accumulé avec. L’huile d’algue, elle, apporte le DHA et l’EPA à la source, sans le mercure. Et les graines de lin, de chia, les noix et le chanvre apportent l’ALA, l’oméga-3 de base.
Ce qu’on te répond… et ce qu’on y répond
« Le poisson, c’est bon pour la santé » : ce qu’on y répond
- « Il faut du poisson pour les oméga-3. » Il faut des oméga-3, pas du poisson. Les poissons les tiennent des algues. Lin, chia, noix, chanvre pour l’ALA, et une huile d’algue si besoin pour le DHA et l’EPA, sans métaux lourds.
- « Je mange des petits poissons, ils sont moins contaminés. » Moins de mercure, oui. Mais Jovença cite une étude selon laquelle une boîte de sardines sur cinq contient des particules de plastique. Moins pire n’est pas sain.
- « Une boîte de thon par semaine, ce n’est pas grave. » C’est une exposition régulière à un neurotoxique qui s’accumule dans le corps. Pourquoi l’accepter quand une alternative végétale existe ?
- « Mon coach et mon naturo en mangent tous les jours. » Beaucoup de professionnels de santé n’ont pas mis à jour leur formation. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté, c’est un manque d’information. Un conseil santé qui ignore la contamination des océans est un conseil incomplet.
- « Le poisson ne souffre pas. » Les poissons ont un système nerveux, des récepteurs de la douleur et des comportements d’évitement. Ils meurent asphyxiés, écrasés dans les filets. Ce n’est pas parce qu’on ne les entend pas qu’ils ne ressentent rien.
- « Je choisis un poisson labellisé durable. » Les labels « durables » tirent une grande partie de leurs revenus des licences qu’ils accordent. Un label ne retire ni le mercure de la chair, ni le dauphin du filet.
La bonne nouvelle
Remplacer le poisson, version vivante
- Le goût de la mer, avec les alguesNori émiettée sur un « tofu nori » ou dans une salade, dulse, wakamé. Le goût iodé est là, sans le mercure.
- L’iode, crue et doséeLes algues comme le wakamé, de préférence crues et réhydratées, sont une source d’iode. En petite quantité : certaines en sont si riches qu’il faut rester mesuré.
- Les oméga-3 à la sourceGraines de lin moulues chaque jour, chia trempées, noix, chanvre. Et une huile d’algue en complément si ton professionnel de santé le juge utile.
- Des « rillettes de la mer »Graines de tournesol trempées, citron, câpres, nori, aneth, mixées grossièrement : la texture et l’iode du thon mayo, en vivant.
On ne passe pas du thon au fruit en un jour. On transitionne : d’abord le thon en boîte et le saumon d’élevage, puis le reste. Chaque repas sans poisson est un repas de moins exposé au mercure.
En vidéo
Mercure dans le thon : ce que ça change
Marco Pois Chiche en parle sur sa chaîne YouTube : voir la vidéo sur YouTube.
À faire dès demain
4 gestes pour sortir du poisson
- Sors le thon en boîte de tes placardsC’est le plus consommé et l’un des plus concentrés en mercure.
- Une cuillère de lin moulu par jourDans un smoothie ou sur une salade. Ton premier oméga-3 végétal.
- Un paquet de nori dans ta cuisinePour le goût de la mer, en un geste.
- Prends ta B12Si le poisson était ta dernière source animale, c’est le seul point non négociable.
Le végétal, c’est serein et durable.
Chaque boîte de thon, c’est un océan un peu plus vide, des filets qui continuent de tuer, des dauphins pris par erreur. Le poisson, c’est un stress pour ton corps et une souffrance pour l’animal. À santé égale, une assiette végétale épargne les mers, les terres et des vies.
Pourquoi les conseils seuls ne suffisent pas
Arrêter le poisson, c’est souvent la dernière étape d’une transition, celle où l’on a le plus peur des carences : oméga-3, iode, B12, protéines. Il faut savoir quoi mettre dans l’assiette, dans quel ordre, et comment répondre à l’entourage. C’est tout le chemin de Végévolution.
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- Oméga-3, iode, B12 : les bons réflexes
- Remplacer le poisson par des repas vivants et goûteux
- Une transition progressive, semaine après semaine
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Je ne te demande pas d’avoir peur de ton assiette. Je te demande de regarder ce qu’il y a dedans, et autour. Les océans ont besoin de nous autant que notre corps.
Marco Pois Chiche
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Précautions. Femmes enceintes ou allaitantes, enfants : suivez les recommandations de votre médecin sur les poissons prédateurs, et faites encadrer toute alimentation végétale (oméga-3, iode, B12). Algues : les plus riches en iode (kombu notamment) se consomment en très petite quantité, et avec prudence en cas de trouble de la thyroïde. Toute supplémentation (oméga-3, iode, B12) se discute avec un professionnel de santé, surtout sous traitement anticoagulant ou thyroïdien.
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À lire aussi : pourquoi arrêter la viande, les oméga-3 végétaux, l’iode en alimentation vegan et écologie et alimentation.
Y a-t-il vraiment du mercure dans le thon en boîte ?
Oui. Dans l’enquête de Bloom publiée en octobre 2024, les 148 boîtes analysées contenaient toutes du mercure, et plus de la moitié dépassaient 0,3 mg/kg, le seuil appliqué à de nombreux autres poissons.
Pourquoi le thon contient-il autant de mercure ?
Parce que c’est un grand prédateur qui vit longtemps : il accumule le méthylmercure de tous les poissons qu’il mange. Plus un poisson est haut dans la chaîne alimentaire, plus il en concentre.
Comment avoir des oméga-3 sans manger de poisson ?
Avec les graines de lin moulues, la chia, les noix et le chanvre pour l’ALA, et une huile d’algue pour le DHA et l’EPA, c’est-à-dire la source même des oméga-3 du poisson.
Le saumon d’élevage est-il une bonne alternative ?
Non. Les élevages concentrent les poissons, les maladies, les antibiotiques et les farines animales, et peuvent contaminer les poissons sauvages.
Par quoi remplacer le goût du poisson ?
Par les algues : nori, dulse, wakamé. Émiettées sur un tofu, dans une salade ou des rillettes de graines, elles apportent le goût iodé de la mer.
Sources : Bloom, enquête sur le mercure dans le thon en boîte, octobre 2024 ; Greenpeace, campagne Antarctique ; Lebreton L. et al., Scientific Reports, 2018 (matériel de pêche dans le vortex du Pacifique nord) ; L214, pêche fantôme ; données citées dans Jovença (code « Pourquoi repenser notre consommation de poisson ? »).
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