« Mon steak vient de la ferme d’à côté, ton avocat a pris le bateau. » Et pourtant, c’est ton avocat qui gagne.
Manger local ou végétal ? Si tu ne devais choisir qu’un seul critère pour la planète, ce serait le végétal, et de loin. Le transport ne représente qu’environ 6 % des émissions de l’alimentation. Le reste se joue à la production, et là, la viande, même locale, écrase tout.
Le post Instagram
Ce carrousel a été aimé par plus de 2 300 personnes sur Instagram. Voici la version complète, avec tout ce que je n’ai pas pu mettre en 6 slides, et les chiffres vérifiés.
J’adore le local et le de saison. Je vis une bonne partie de l’année à Bali, entouré de fruits qui poussent à quelques mètres. Mais il faut regarder les chiffres en face : « local » est devenu l’argument qui permet de ne rien changer à ce qu’on mange. Ce post le démonte, slide par slide.
Tu te reconnais ?
6 phrases qui font croire que le local suffit
- « J’achète ma viande chez le boucher du coin, c’est écolo. »
- « Les vegans mangent des avocats du Mexique, c’est pire. »
- « Le soja vient du Brésil, il détruit l’Amazonie. »
- « En France, on a de l’herbe et de l’eau, ce n’est pas pareil. »
- « Mes poules sont élevées en plein air. »
- « Le vrai problème, c’est l’avion et les camions. »
Ces phrases partent d’une bonne intention : faire mieux. Mais elles regardent le mauvais endroit. Ce qui compte, ce n’est pas d’où vient l’aliment. C’est ce qu’il a fallu pour le produire.
Ce que j’ai compris en regardant d’où vient vraiment l’impact
Mes grands-parents ont une ferme. Leur assiette était presque végétale : pommes de terre, chou, légumineuses, olives, pain, huile d’olive. La viande était rare. Aujourd’hui, on mange de la viande tous les jours et on se rassure avec l’étiquette « origine France ».
Quand je suis passé au végétal en 2018, on me renvoyait sans arrêt mes avocats et mes bananes. J’ai fini par sortir les chiffres. Et c’est toujours la même surprise chez les personnes que j’accompagne : leur steak local pèse des dizaines de fois plus lourd que la mangue venue par bateau.

Ce n’est pas le kilomètre qui pollue. C’est l’animal qu’il a fallu nourrir pendant des mois.
Le vrai diagnostic
Manger local ou végétal : ce qui pollue vraiment
Pour comparer deux aliments, il faut regarder tout leur cycle de vie : les terres, l’eau, l’alimentation des animaux, les engrais, les émissions de la digestion, le transport, l’emballage.
- 🚚Le transport pèse peuDans une grande étude américaine, 83 % des émissions de l’alimentation venaient de la production et seulement 11 % du transport. À l’échelle mondiale, la plus grande synthèse publiée, qui couvre près de 40 000 fermes, le chiffre tombe à environ 6 %. Pour le bœuf, le transport pèse moins de 1 % de son empreinte.
- 🐄La production animale écrase toutEn moyenne, un kilo de bœuf de troupeau à viande émet autour de 100 kg d’équivalent CO2, l’agneau environ 40, le fromage environ 24, le porc environ 12, la volaille environ 10. Le tofu est autour de 3, les pois autour de 1. Un bœuf « local » reste des dizaines de fois au-dessus d’une légumineuse.
- 💧L’eau suit la même logiqueIl faut environ 15 400 litres d’eau pour un kilo de bœuf, 6 000 pour le porc, 5 000 pour le fromage, 4 300 pour le poulet, 3 300 pour les œufs, contre environ 2 100 pour le soja, 1 800 pour le blé, 820 pour les pommes et moins de 300 pour les pommes de terre. Une grande partie est de l’eau de pluie, mais c’est de l’eau de pluie qui tombe sur des terres qui pourraient nourrir des humains.
- 🌾Les terres, surtoutL’élevage occupe environ 77 % des terres agricoles mondiales, pâturages et cultures fourragères compris, pour 18 % des calories que nous mangeons. Si le monde passait au végétal, la surface agricole pourrait baisser d’environ 75 %, l’équivalent des États-Unis, de la Chine, de l’Europe et de l’Australie réunies.
Le paradoxe du local. L’animal « local » mange rarement local. En France, une large part des animaux est élevée de façon intensive, en bâtiment, et une partie de leur alimentation, notamment le soja, est importée. Le soja accusé de détruire l’Amazonie finit en grande majorité dans les auges, pas dans les assiettes vegan. Manger végétal, même importé, c’est souvent faire moins voyager de soja que manger de la viande locale.
Ce qu’on te répond… et ce qu’on y répond
« Ta viande locale pollue moins que mon avocat » : ce qu’on y répond
- « L’avocat importé pollue plus que ma viande locale. » L’avocat voyage en bateau, l’un des modes de transport les moins émetteurs par kilo. Son empreinte carbone reste de l’ordre de quelques kilos par kilo d’avocat, contre une centaine pour le bœuf. Sa consommation d’eau dans certaines régions sèches est un vrai sujet : raison de plus pour en manger avec mesure, pas pour manger du steak.
- « En France, les vaches mangent de l’herbe. » Une partie, oui. Mais l’élevage intensif domine en volume, surtout pour la volaille et le porc, et même un bœuf nourri à l’herbe demande beaucoup plus de terres et émet beaucoup de méthane.
- « Le soja détruit l’Amazonie. » Environ trois quarts du soja mondial servent à nourrir des animaux d’élevage. Le tofu et le lait de soja n’en utilisent qu’une petite part, souvent cultivée en Europe.
- « Il faut soutenir les éleveurs locaux. » On peut soutenir les paysans locaux en achetant leurs légumes, leurs fruits, leurs légumineuses. Ce sont des emplois et des terres qu’on garde vivants, sans souffrance au bout.
- « Et l’avion ? » Là, oui, l’impact est réel : les produits frais transportés par avion émettent beaucoup. Mais ils représentent une toute petite part de ce qu’on mange. Le bon réflexe : de saison et par bateau plutôt que hors saison et par avion.
- « Local et de saison, c’est le plus important. » C’est une excellente habitude, que je défends. Mais si tu ne changes qu’une chose, change ce que tu manges, pas d’où ça vient.
La bonne nouvelle
Manger écolo : les bons critères dans le bon ordre
- 1. VégétalC’est le levier numéro un, loin devant tous les autres.
- 2. De saisonMoins de serres chauffées, plus de goût, plus de vitalité dans le fruit.
- 3. Pas d’avionLes fruits fragiles hors saison sont souvent ceux qui volent.
- 4. Local quand c’est possiblePour les paysans, la fraîcheur et le lien. Le bonus, pas la base.
- 5. Bio et peu emballéPour les sols, l’eau et ton corps.
Ce qu’on ne fait plus
On ne se donne plus bonne conscience avec une étiquette « origine France » sur une barquette de poulet. On ne reproche plus son avocat à quelqu’un en mangeant un steak. On regarde la production, pas seulement le trajet.
En France, environ 3 millions d’animaux terrestres sont abattus chaque jour, en grande majorité des volailles. Faire naître, nourrir, abreuver et abattre autant d’animaux demande infiniment plus de ressources que de faire pousser des céréales, des légumineuses, des graines, des fruits et des légumes pour nous.
En vidéo
« Tout est local, écolo, t’inquiète »
Marco Pois Chiche en parle sur sa chaîne YouTube : voir la vidéo sur YouTube.
À faire dès demain
4 gestes pour une assiette vraiment écolo dès demain
- Remplace un repas de viande par des légumineusesLentilles, pois chiches, haricots, de préférence de France ou d’Europe.
- Va au marché pour les fruits et légumesLocal et de saison, là où ça compte vraiment.
- Garde l’avocat, change le steakUn avocat de temps en temps pèse beaucoup moins qu’une entrecôte.
- Partage ce post à un « locavore »Avec douceur. Il veut bien faire, comme toi.
Le végétal, c’est serein et durable.
À santé égale, une assiette végétale, même avec quelques produits importés, épargne des terres, de l’eau, du climat et des milliards d’animaux. La viande locale reste une viande : un stress qu’on donne à son corps, et une souffrance qu’on impose à un animal qui vivait, lui aussi, tout près de chez nous.
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Savoir que le végétal est le premier levier, c’est le déclic. Le passer dans ton assiette, semaine après semaine, sans carence et sans conflit à table, c’est tout le rôle de Végévolution.
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- Une transition progressive, semaine après semaine
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- B12, fer, oméga-3 : les bons réflexes
- Les réponses calmes aux arguments de ton entourage
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Merci Marco, grâce à toi j’ai végétalisé mon alimentation.
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J’aime le local, le marché, le fruit cueilli à côté. Mais la planète ne nous demande pas d’abord de manger près. Elle nous demande de manger juste.
Marco Pois Chiche
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Précautions. Une transition végétale se fait progressivement. En alimentation végétale, la B12 se complémente toujours. Enceinte, allaitante, avec un enfant, un trouble digestif ou un traitement, fais ce changement avec ton médecin.
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À lire aussi : viande locale : 10 vérités qui montrent qu’elle ne suffit pas, l’impact écologique de l’élevage en France, soja pire que la viande ? le vrai du faux et manger végétal pour la planète.
Vaut-il mieux manger local ou végétal ?
Végétal. Le transport ne représente qu’environ 6 % des émissions de l’alimentation dans le monde ; la production en représente l’essentiel. Une légumineuse importée émet bien moins qu’une viande produite à côté de chez toi.
Un avocat importé pollue-t-il plus qu’une viande locale ?
Non. L’avocat voyage surtout en bateau et son empreinte carbone reste de quelques kilos d’équivalent CO2 par kilo, contre une centaine pour le bœuf de troupeau à viande en moyenne. Sa consommation d’eau dans certaines régions sèches invite à en manger avec mesure.
Quelle part des émissions vient du transport des aliments ?
Environ 6 % à l’échelle mondiale (Poore et Nemecek, 2018), et 11 % dans une étude sur l’alimentation des ménages américains. L’essentiel vient de la production : terres, élevage, engrais, déforestation.
Combien d’eau faut-il pour produire un kilo de bœuf ?
Environ 15 400 litres, eau de pluie comprise, contre environ 4 300 pour le poulet, 2 100 pour le soja et moins de 300 pour les pommes de terre.
Le soja des vegans détruit-il l’Amazonie ?
Environ trois quarts du soja mondial nourrissent les animaux d’élevage. Manger de la viande consomme donc bien plus de soja que manger du tofu.
Sources et vérifications : Weber C.L. et Matthews H.S., Environ Sci Technol, 2008 (83 % production, 11 % transport) ; Poore J. et Nemecek T., Science, 2018 (transport environ 6 %, émissions par aliment, terres) ; Mekonnen M.M. et Hoekstra A.Y., Water Footprint Network, 2010 et 2012 (le carrousel indiquait 900 L pour la pomme de terre et 4 800 L pour le porc, corrigés) ; Heller M.C. et al., Environ Res Lett, 2018 ; Our World in Data (usage des terres, soja). Le chiffre du carrousel « 3 hectares par Français, 1/2 pour un végétarien, 1/6 pour un vegan » n’a pas été retrouvé dans une source fiable et n’est pas repris. « 8 animaux sur 10 ne voient pas la lumière du jour en France » et « 3 millions d’animaux tués par jour » sont des estimations associatives et Agreste, reformulées avec prudence.
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